Vanitas Vanitatum

Sans nulle ambition qui ne soit légitime,
 Gronde au fond de mon être, ô passion du beau ;
 Sans ravir à l’honneur le plus faible lambeau,
 Sois le guide et la loi de ma pensée intime.

 Et si sur ton chemin la vaine gloire, abîme
 où tant de vertus se ternit le flambeau,
 Etale un peu de pourpre, agite comme un oripeau,
 Passe ; on n’achète pas le mérite ou l’estime,

 Mais quand s’exhaleront, dans les sentiers déserts,
 Mille exquises senteurs ; quand les bois seront verts
 Et les prés refleuris ; quand s’ouvriront les Roses,

 Nous dirons notre rêve aux murmures naissants
 De la brise, à l’azur, aux impalpables choses
 Qui font la paix de l’âme et le repos des sens.

 

A. Lebrun

 

 
Journal des Roses mai 1901
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×