Si j'étais Dieu !

 L’éclair de deux beaux yeux vaut l’étoile dorée
 Qui tremblote en roulant tout au au fond du ciel bleu ;
 Et, pour un seul regard, si j’étais le bon Dieu,
 Je la détacherais de sa voûte azurée.

 Je dirais à la Rose, à la fleur préférée
 Dont les charmes si purs, hélas ! durent si peu :
 « Je veux que l’aube luise et que Phébus en feu
 « Entr’ouvre soucement ta robe diaprée ;

 « Je veux que de ton sein la suave denteur
 « Se répande partout où bat un tendre cœur,
 « Où résonnent les voix de la brise légère.

 « Je veux que ta corolle aux ravissants contours
 « Parant un front, qu’il soit de reine ou d bergère,
 « Se mêle aux diamants comme aux nœuds de velours ! »


A. LEBRUN

 

 

Journal des Roses

Juillet 1911

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