Mort violente

 Hier encor, c’était la clarté rutilante
 Dont les ondes vibraient dans l’éther embrasé ;
 Aujourd’hui, furieux, sous un ciel écrasé,
 L’orage inonde tout, cascade ruisselante.

 Les longs flots fécondants de lumière tremblante,
 Aux rameaux où notre oeil s’est si souvent posé
 Avaient mis pour couronne un bijou d’art, puisé
 Aux sucs mystérieux qu’élabore la plante.

 C’était la Rose aimée ; et la plus noble fleur
 N’a plus que des lambeaux de sa chair, et son coeur
 Si tendre, hélas ! n’est plus rien qu’une meurtrissure.

 Pauvre coeur sans soutien, comme il a dû souffrir !
 C’est sous des doigts de fée, ô Rose, et sans blessure,
 Que tu devrais tomber, puis doucement mourir.


A. Lebrun

 

 

Journal des roses

septembre 1909

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