La rose

Voyez dans nos bosquets la Rose vierge encore
 S’échapper du bouton qu’une nuit fait éclore ;
 Plus elle s’enveloppe et plus l’œil enchanté
 Devine sa fraîcheur et prévoit sa beauté.

 

 Moins timide, bientôt la Rose printanière,
 Se dégageant du nœud qui la tient prisonnière,
 Aux caresses du jour abandonne son sein ;
 Hélas ! et son éclat a disparu soudain.
 Elle languit et meurt, cette Rose si belle,
 Que brûlait de cueillir plus d’un amant fidèle

 

 De la jeunesse ainsi la fleur s’épanouit,
 Ne brilla qu’un moment, tombe et s’évanouit.
 De myrtes, de rayons la tête couronnée,
 L’aimable et doux printemps ranime chaque année ;
 Mais il ne peut, hélas ! ramener dans son cours
 La première fraîcheur de nos premiers beaux jours
 Et bien ! puisque le soir elle sera flétrie,
 Cueillons dès le matin la Rose de la vie.


Baour-Lormiau

 

 
1819

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