La piqûre

 

 De ses doigts délicats, une charmante brune
 Ravage, ivre de joie, un parterre fleuri.
 Le soleil se complait à son jeu favori ;
 A sa gerbe de fleurs il en faut encore une.

 C’est la Rose ; et, sans peur de l’armure importune,
 La belle, en la ceuillant, étouffe un léger cri ;
 Un brutal aiguillon, peu galant, a meurtri
 Son bras nu, sans remords, comme elle est sans rancune ;

 La Rose était splendide, et la suavité
 De son parfum berçait, comme un rêve enchanté,
 Cette âme tendre où rien n’avait laissé de haine.

 Heureuse maintenant, toute entière au bonheur,
 Elle affirme, oubliant sa fugitive peine,
 Un vrai culte d’amour à la divine fleur.

A. Lebrun

 

 
Journal des Roses septembre 1897

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site