Hymne à la rose

 Reine mystérieuse au règne autoritaire,
 Nul ne sait le pays enchanteur d’où tu vins,
 Et des champs de Tibur aux buissons de Provins,
 Tu fus la Fleur de volupté, Fleur de Cythère.

 Vierge d’élection, les grains de ton rosaire,
 Sont faits des coeurs meurtris sous tes crocs inhumains,
 Malheur à qui s’attarde aux ronces des chemins !
 Il en aura les yeux crevés de Bélisaire.

 Et c’est pourquoi sans jamais voir, Rose du Ciel,
 Le nectar de ta coupe édulcorant son fiel,
 Pour ta splendeur, pour ton énigme et pour l’ivresse.

 Pour l’ivresse montant de tes pétales saints,
 Chacun va t’adorant, éphémère déesse,
 De l’autel du parterre à la niche des seins.

L. G.

 

 

Journal des roses

février 1907


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