Hiver maussade

 Ma pensée erre autour de la Mythologie.
 Quand plus rien ne sourit dans la nature en deuil,
 Et que l’âpre aquilon vient hurler sur mon seuil,
 Le foyer a du bon dans sa flamme élargie.

 Les dieux à leur sagesse avaient mêlé l’orgie ;
 Leurs multiples travers : scandale, envie, orgueil,
 Et tant d’autres de ceux qu’observe encor notre oeil,
 Eclipsaient des vertus souvent en léthargie.

 Quand l’ignorance humaine allait ainsi, sans rien
 Qui lui fit discerner le vrai mal du vrai bien,
 Tout devenait sacré pour cet âge barbare.

 Et pourtant ma pitié va jusqu’à s’émouvoir
 Et pardonne, en songeant que la Rose et Pindare
 Avaient leur culte aussi, qui n’eût pas dû déchoir.

A. Lebrun

 

 

Journal des roses

Février 1910


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