Astres et fleurs

Combien de millions de siècles sont passés
 Sous l’astre propulseur des saions vagabondes ?
 Nul ne le sait, et nul n’a su nombrer les mondes
 Roulant dans l’infini leurs orbes dispersés.

 L’esprit humain, jouet de rêves insensés,
 Va consumant sa vie en oeuvres infécondes,
 Et reste anéanti devant les lois profondes
 Où s’égarent les sens impuissants et glacés.

 Détachons nos penséeset nos regards timides
 Des soleils migrateurs, Gemeaux ou Léonidés ;
 Contemplons les beautés de la terre, et disons :

 Quand Dieu créa les fleurs, il leur donna pour Reine
 La plus belle, la Rose, et, sans ors ni blasons,
 Mit une étoile au front de cette Souveraine.

A. Lebrun

 

 
Journal des Roses Mars 1901

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site