A Monsieur Camille Bernardin

Monsieur de Clairville est un auteur dramatique fort en vue. Amateur de la Reine des fleurs, voici la poésie qu’il a dédiée qu’il a composée, en l’honneur de Camille Bernardin :


 Ce n’était pas assez des fleurs de la Nature,
 Voilà que Bernardin nous en donne en peinture.
 Et de si belles qu’à ne dissimuler rien,
 La Nature, je crois, ne fait pas aussi bien ;
 C’est à douter, vraiment, que tant d’efflorescence,
 De beautés, de richesse et de magnificence
 Sortent si radieux, des plus obscurs semis.
 Non, de la Belle Armide et de Semiramis
 Les Jardins enchantés, prodigues de merveilles,
 N’ont jamais possédé ces roses sans pareilles
 Non, jamais on ne vit, même au temps fabuleux
 Ces roses d’un effet presque miraculeux :
 La Gloire de Dijon, gloire deux fois française,
 Le Maréchal Niel, Belle Lyonnaise,
 Scipion Cochet, Laxton, Gustave Revilliod,
 Edouard Pynaert (Schwartz), Madame Anni Wood,
 Et de Peach Blosson, l’Hybride remontante,
 Et de Wallombrosa, la Duchesse élégante,
 Et cette rose, enfin, que tu nommes, pourquoi ?
 La Rose Capucine, et que je nomme, moi ?
 La Brillante Tulipe ou la Rose, Tulipe ;
 Tant de la fleur d’Avril elle m’offre le type.
 Et cette rose encor dont vraiment le patron
 Pourrait être Néron, autant que Paul Neyron
 Tant à nos yeux surpris, son image géante
 Marque dans ton journal une page sanglante.
 Toutes ces roses là, phénomènes nouveaux,
 Semblent en vérité sortir d’humains cerveaux,
 Leurs grâces, leurs couleurs, leurs formes si parfaites
 Font croire qu’à plaisir, par nous elles sont faites ;
 Mais c’est l’homme à son tour qui ne fait pas si bien :
 Il peut tout imiter, mais il n’invente rien.
 Donc, mes yeux me trompaient et la Nature encore
 Augmente les splendeurs de l’Empire de Flore
 Et c’est toi, Bernardin, toi l’homme rose, toi
 Qui dans ta destinée eût une entière foi,
 C’est toi qui triomphant sans effort, et sans croire
 Que ton journal nouveau serait une victoire,
 Toujours de la nature indiquant les progrès
 Nous initie encore à ses divins secrets,
 Nous qui ne t’enivrant que de ses doux prestiges
 Nous en fait admirer tous les nouveaux prodiges.
 Bravo ! de tes succès, nous sommes fiers ici,
 Bravo ! Bravo cent fois et, de tout cœur, merci !

*La rose que Clairville appelle la Rose Tulipe est tout simplement Beauty of Glazenwood, la variété de pure fantaisie anglaise de M. Woothorpe.

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