Tout s'effondre

 Miroitements de feu, cascades d’étincelles,
 Doux sourire du jour un matin de janvier.
 La neige de la nuit revêt chaque Rosier
 De mon jardin de fleurs bizarres et nouvelles.

 Le duvet de l’eider semble moins moelleux qu’elles ;
 Le nombre en est si grand que leur blanc bouclier
 Donne l’illusion de Roses en papier,
 Se balançant au vent dans les flots de dentelles.

 On dirait des milliers d’énormes papillons,
 Ou, de loin, de nombreux et beaux échantillons
 De "Gloire Lyonnaise" ou de "Reine des Neiges".

 Le coup d’oeil est magique et digne, je crois bien,
 Des temps où l’on parlait encor de sortilèges.
 Sous ton baiser, soleil d’hiver, ce n’est plus rien !


A. Lebrun

 

 
Journal des Roses. janvier 1908

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