Rosomane

Ni le rythme des vers par où l’âme s’élève,
 Par où le coeur s’éprend d’un idéal du beau ;
 Ni le rutilement du diurne flambeau
 Qui sème des flots d’or dans sa course sans trêve ;

 Ni les merveilles d’art qui, sous l’effort du rêve,
 Procèdent du génie avide du nouveau ;
 Ni les fières ardeurs qui naissent au cerveau
 Du savant, pur creuset où fermente la sève ;

 Aucune oeuvre divine, aucun produit humain
 N’a, pour le rosomane, embelli le chemin
 De la vie à l’égal de sa fleur adorable.

 Et quand la Rose fut, par tant de nos aïeux,
 L’universel objet d’un culte inaltérable,
 Comment ne pas chérir un tel présent des cieux ?


A. Lebrun

 

 
Journal des Roses avril 1901

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