Rosa rubra

A Madame D...

 Bien des fois je m’étais demandé quel génie,
 Quelle Fée ou quel dieu, d’un suprême pouvoir,
 Avait su faire naître ou même concevoir
 Tant de charmes groupés avec tant d’harmonie.

 Voici, dit-on, comment la Rose, fleur bénie,
 Blanche aux temps reculés, devint pourpre un beau soir.
 D’un buison, prés de là, le rossignal put voir
 Et chanter les trésors de sa grâce infinie.

 Chanter est bien ; toucher ou plaire est mieux ecore
 Et Bulbul égrena toutes ses perles d’or
 Dans le coeur de la Nymphe entr’ouvert aux étoiles.

 O maigre horizon qu’un bonheur élargit !
 Emue, elle invoqua la nuit douce, et ses voiles,
 laissa rouler un pleur sur sa tige... et rougit.


A. Lebrun

 

 
Journal des Roses Novembre 1897 Poésie de M. A. Le brun de la Société régionale d’horticulture du nord de la France

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