Parallèle

 Vous m’avez demandé timidement, Madame,
 Pourquoi, dans tous les temps, poètes et rhéteurs
 Avaient symbolisé le langage des fleurs,
 Et tracé les rapports de la Rose à la femme.

 C’est que la Rose est reine et sait subjuguer l’âme,
 En s’adressant aux sens pour captiver les coeurs.
 Tout proclame bien haut ses charmes séducteurs,
 Sa grâce enchanteresse et son regard de flamme.

 Hélas ! pourquoi faut-il qu’en chantant sa beauté,
 Je déplore avec vous tant de fragilité
 Et souvent d’inconstance en sa vie éphémère ?

 L’insecte, en se jouant sur son sein parfumé,
 Recueille un pur nectar. Si la fleur fut légère,
 Elle fut belle et bonne ; il est doux d’être aimé !

A Madame***

A. Lebrun

 

 

Journal des roses

octobre 1907

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