Les roses de Gueldre

j’ai voulu, ce matin, te rapporter des Roses.
 Desbordes-Valmor

 J’ai voulu t’apporter cette touffe neigeuse,
 Où l’averse, fluide et pâle voyageuse,
 Au passage a jeté ses brusques diamants.
 Et, pour ceuillir ma gerbe à ces viornes blanches,
 J’ai trempé mes doigts chauds dans la fraîcheur des branches,
 Et si fort balancé leurs clairs enchantements,
 Qu’ils soufflaient sur mes bras une molle risée
 De pétales épars, de fleurs et de rosée.

 Le buisson secoué riait entre mes mains,
 Egrenant son collier de perles aux chemins,
 Et me pleuvant aux yeux sa douce éclaboussure,
 Où, par place, brillait un éclair de ciel bleu.
 Un printemps de clarté s’annonçait en ce jeu,
 Et j’évoquais, comme une chose bonne et sûre,
 Le baiser, à mon front mouillé de Rose en pleurs,
 Que tu me donnerais en échange des fleurs !

 
Madame Fernand Grech

 

 

Journal des roses

janvier 1909

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