Les roses d'Antoine de Baïf


Ô nature, nous nous plaignons
Que des fleurs la grâce est si brève
Et qu'aussitôt que les voyons
Un malheur tes dons nous enlève.
Autant qu'un jour est long, autant
L'âge des roses a duré;
Quand leur jeunesse s'est montrée
Leur vieillesse accourt à l'instant.
Celle que l'étoile du jour
A ce matin vu naissante,
Elle-même, au soir de retour
A vu la même vieillissante.
Un seul bien ces fleurettes ont,
Combien qu'en peu de temps périssent,
Par succès elles refleurissent
Et leur saison plus longue font.
Fille, vient la rose cueillir
Tandis que sa fleur est nouvelle
Souviens-toi qu'il te faut vieillir
Et que tu flétriras comme elle.

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